16 MAI 09 : NAISSANCE D’UNE MERVEILLE


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Un jour à marquer d’une croix blanche. Naissance de notre puce Zoé.

On l’espérait, on le souhaitait qu’elle naisse ce jour là. Malgré la bonne humeur qui m’habitait, je souhaitais du plus profond de moi qu’elle naisse naturellement, d’elle-même et qu’aucun déclenchement médicalisé ne soit effectué pour l’aider à venir au monde.

Vendredi 15 mai – 23 h : Vincent et moi nous nous apprêtons à nous coucher, de mon coté toujours aucun symptômes ni contractions douloureuses. Ma journée je l’ai passé à regarder ma montre et « prier » pour que ça se déclenche dans le weekend, mais RIEN. Alors on prend la décision d’appeler la maternité et de demander à venir faire un monitoring de contrôle (sachant que de toute façon je m’y rendais le samedi 16, mais samedi = monde et cette nuit était l’idéal car plus calme).

23h30 : nous arrivons à la maternité (les sacs et les valises sont déjà dans le coffre !)

Monitoring d’une bonne heure, j’ai des contractions (toujours pas douloureuses) toutes les 10 minutes top chrono, le cœur de Zoé bat nickel et ma tension est parfaite 12.6.

Ensuite Adeline la sage femme de garde m’ausculte et vérifie la clarté du liquide amniotique car je suis à terme. Col à 2 et liquide plutôt clair. (Je douille pendant l’examen comme pas possible et ce n’est que le début !)

On nous renvoie chez nous, mais l’examen se termine par « il est bien probable que je vous revoie d’ici quelques heures. »

OH ESPOIR !!!

Sur le trajet du retour, les contractions se rapprochent toutes les 8 minutes environ, mais c’est plus que supportable, une nuit comme les autres m’attend. La sage femme me conseille de prendre un bain pour me détendre, ce que je fais et hop au lit !

2h : je ne tiens plus dans le lit, aucune position confortable. Est-ce mon dos qui me faisait souffrir ces derniers temps ? Mon coccyx qui fait des siennes ? J’ai trop mal aux reins !!!

3h : toujours aussi mal, je sens que mon ventre se durcit au moment des douleurs dans les reins. Mamamia ! Serait-ce bon ??? Je suis presque aux anges ! Allez on y croit ! A partir de maintenant je calcule : 4-5mn entre chaque contraction, obligée de me tenir debout contre le mur tellement j’ai mal aux reins.

5h : je vais voir Vincent qui n’a dormi que 3h, mais hop hop hop il saute du lit en deux-deux, trop content d’aller à la maternité.

5h45 : après un voyage intenable en voiture jusqu’à la maternité, on sonne enfin à la porte des urgences. Adeline nous accueille à nouveau, j’ai le sourire mais obligée de me tenir à la rampe dans les couloirs. On se rend en salle d’accouchement directement, le service est vide, un calme impressionnant règne ici. J’enfile la blouse de coton et m’installe sur le lit. De son côté Vincent revêt la fameuse blouse en non-tissé bleue. Malgré cela je crois bien qu’on ne se rend toujours pas compte que ca y est nous y sommes. Ce jour tant attendu, c’est aujourd’hui !

Adeline revient vers nous pour me demander si je souhaite la péridurale (et si Vincent souhaite un café !!) Je lui réponds que j’aimerai faire le plus gros du boulot sans et l’anesthésiste viendra me voir seulement quand je serais à 5 cm.

9h30 : je suis déjà à 5, l’anesthésiste arrive et demande à Vincent s’il souhaite voir. De mon côté j’ai froid, j’ai mal comme pas possible, on me met sur le bord du lit et 2 secondes plus tard la magie opère ! Je sens une vague d’air chaud dans les jambes. J’ai l’impression de me baigner dans une eau tropicale. Je regarde Vincent et lui dit : « Comment j’suis trop bien ! ». L’effet durera jusqu’à 13h avant qu’on me réinjecte une petite dose. Pour Vincent c’est dur, il lutte contre le sommeil, heureusement nous avons la possibilité d’avoir la musique dans la salle.

14h : La sage femme Mathilde qui a pris le relais depuis 9h me dit que je suis à 7-8 cm, mais que la petite à l’air de se présenter par le front. Elle me met donc sur le côté, une jambe dans un étrier. Souffrance insoutenable, Vincent est assis face à moi impuissant face à ma douleur. Il ne peut que me tendre la main et moi lui broyer ! Je lui supplie d’appeler la sage femme pour qu’on me change de position et qu’on me réinjecte un peu de la péridurale. Je suis pas du genre chochotte mais là je sais ce que c’est d’avoir vraiment MAL !!

15h : Je crois bien que la péri ne fait plus effet et que volontairement la sage-femme n’a pas injecté une forte dose. Plus tard je l’a remercierait car j’ai « vécu » à 100% mon accouchement et l’arrivée de Zoé grâce à elle.

J’ai mal comme pas possible et je sens que la petite commence lentement sa descente dans mon bassin. La sage femme me dit que c’est très bien, qu’il faut que je ressente ce genre de sensations et que d’ici 2 heures maximum elle sera parmi nous. J’ai tellement mal que je ne me rends toujours pas compte de ce qu’elle vient de nous dire. Je lui fais juste comprendre que je ne tiendrais pas jusque là et que je serais bien tenter de commencer à pousser !

Très compréhensive elle me dit pas de problème et fait monter le lit. A partir de là, le rythme s’accélère et Vincent qui était si fatigué commence à reprendre ses esprit et se met en place à mes côtés.

15h50 : Il fait un temps magnifique dehors, on me propose de voir la tête de Zoé dans un miroir pour me motiver. « Poussez ! » dit-elle. Je suis très concentrée sur ma respiration (j’ai bien appliqué mes cours de préparation à l’accouchement !) à l’arrivée de chaque contractions mais également sur Vincent qui m’est d’un soutien énorme tant moralement que physiquement. Il me félicite, me motive et me rafraîchie d’eau thermale tant il fait une chaleur incroyable !

Il est 16h12.

Je suis dans ma bulle. Sans avoir souffert Zoé est déjà là. J’ai les yeux embués et je crève de chaud quand j’entends la sage femme s’adresser à Vincent et lui demander s’il veut couper le cordon.

Plus tôt dans la journée on m’avait prévenue que je ne pourrais pas garder notre fille en peau à peau durant 2 heures car étant plus qu’à terme, mon liquide amniotique serait certainement teinté et Zoé aurait probablement avalé des mucosités au passage. J’ai juste le temps de lui caresser les fesses que Vincent et l’auxiliaire Jeanne passent dans l’autre pièce pour lui poser une sonde gastrique.

A peine deux petits points de suture. Je suis seule dans la salle, je l’entends pleurer mais je ne sais pas ce qui se passe. J’ai à peine vu son visage mais je sais déjà qu’elle est tout simplement magnifique. Vincent revient me voir pour me le confirmer et me dit qu’elle fait 3 kg 420 pour 50,5 cm.

PARFAITE.

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Tandis que je reprends mes esprits, je vois un homme s’avancer vers moi m’annonçant qu’il est obligé de l’emmener en service pédiatrique, la petite ayant besoins de soins plus complexes. Quoi ? Comment ? Pourquoi ?

Avant son départ on m’aura permis de la voir et de la toucher 10 petites minutes à travers sa petite couveuse. Pas plus de temps car il s’agit en priorité de sa santé.

Ca fait tellement bizarre, elle est si bien portante qu’on se demande pourquoi on lui inflige cela. L’équipe se retire quelques minutes afin que Vincent et moi puissions profiter de ces quelques instants avec elle en toute intimité. Elle est déjà très éveillée, les yeux grands ouverts plongées dans les nôtres. Instant magique. Petite Perle, nous allons te confier aux médecins le temps que Maman et Papa reprennent leurs esprits…

1 h du matin dans la nuit de samedi à dimanche : je dors depuis quelques minutes toute seule dans ma chambre que le pédiatre de l’après midi frappe à ma porte.

« Excusez-moi, je viens vous parler de l’état de votre petite Zoé. Cela fait 8 heures qu’elle est sous oxygène en pédiatrie pour lui désencombrer les poumons, mais son rythme cardiaque n’a pas l’air d’aller mieux. Nous sommes dans l’obligation de la transférer dans un autre hôpital sur Paris. Si vous pouviez mettre quelque chose de chaud pour venir lui faire un bisou avant qu’elle ne parte avec le Samu ? »

COUP DE MASSUE.

Ne pas l’avoir avec moi ne suffisait pas, il faut maintenant qu’on nous l’enlève pour l’emmener à 1 heure d’ici ? Dans le brouillard, la tête qui tourne par le manque de nourriture et de sommeil, je me rends avec l’aide d’une sage-femme en pédiatrie.

Elle est là, je l’a vois dans son incubateur au milieu d’une dizaine de personnes qui s’agitent comme des pantins autour d’elle. Elles ont l’air de savoir ce qu’elles font tandis que moi je me demande ce que je fais là. Je suis la maman et pourtant j’assiste impuissante à ce spectacle. On écoute son cœur, on la branche ou la débranche, on se demande pourquoi elle pleure, on lui rajoute quelques degrés car elle ne porte qu’une couche depuis le moment où j’ai accouché. On me demande mes antécédents médicaux, je saurai répondre en temps normal mais là à la minute, une seule chose m’importe : la voir. Je m’approche de la vitre et découvre une superbe poupette toute joufflue et toute rose. Pour la première fois elle ouvre grands ses yeux et transpercent les miens. On me demande si je souhaite la prendre dans mes bras, mais bien évidemment !! Je n’en avais pas encore eu l’occasion.

J’étais maladroite avec les bébés des autres et avec elle je suis sûre de moi. Quinze minutes intenses où elle est dans mes bras, mais surtout quinze minutes qu’il n’y a plus un bruit autour de moi. Je lève la tête et la dame du Samu me dit : « vous vous rendez compte qu’elle est sans assistance respiratoire depuis un quart d’heure et qu’il n’y a plus un seul BIP qui sonne depuis dix minutes, soit depuis que vous l’avez dans vos bras ? »

Certains appelleront cela de la magie, d’autres l’instinct maternel, toujours est-il qu’au moment où elle s’est lovée dans mes bras, elle s’est sentie mieux, apaisée et bizarrement plus aucun souci pour respirer, plus de pleurs.

La fin de l’histoire dira que grâce à moi, Mamzelle Zoé ne sera jamais partie à Paris. Elle passera sa nuit en service pédiatrique et je lui donnerai son premier biberon le lendemain matin. Pour la première fois elle portera le petit body, les chaussettes et le pyjama qu’on lui avait choisi le samedi 16 mai.

Mardi 19 mai : les bilans sanguins sont négatifs, il n’y a plus aucune raison que Zoé reste en pédiatrie. J’appelle Vincent et lui annonce que ca y est on récupère notre fille. Tellement ému il est obligé de se garer sur le bord de la route pour reprendre ses émotions.

Mercredi 20 mai : après une nuit blanche à l’observer et l’écouter respirer, on pli bagages. Ce moment que je redoutais est arrivé : j’ai peur de me lancer dans la « vraie vie de maman» comme si je devais sauter dans le vide.

Une fois rentrés à la maison, l’émotion me submergera pendant plus de quatre heures. Il m’aura fallu quatre jours pour me rendre compte de ce qu’il s’est passé depuis samedi. Si petite et pourtant si courageuse. La voir chez nous dans son lit  me fait monter les larmes aux yeux.

20 h : après son biberon, Vincent et Moi nous nous posons sur la terrasse. Silence.

Nous venons de percuter que nous sommes parents, heureux, tellement heureux que tout se passe si bien que s’en est presque étrange.

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Petite Zoé, tu nous as procuré dès ta naissance des émotions fortes. Nous ne t’avons pas eu quelques jours et pourtant un lien magnifique, peut-être plus fort que quiconque s’est installé entre nous. Nous allons maintenant devoir apprendre à vivre à ton rythme mais tu es déjà si douce.

MERCI…

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23 réflexions sur “16 MAI 09 : NAISSANCE D’UNE MERVEILLE

  1. C’est très beau, c’était un plaisir de lire votre histoire.
    Je ne m’imaginais pas que les choses s’étaient passées ainsi, je pense que vous non plus vous n’imaginiez pas un scénario pareil. Vous avez été très courageux. Et on réalise bien que la médecine ne fait pas tout et qu’un bébé a besoin avant tout de sa maman… c’est une chose que je retiendrais pour la futur.
    Félicitations encore une fois !!!
    A très bientot bises

  2. Kikou ma belle,
    Quel bonheur d’avoir de vos nouvelles.
    Et quel récit! Petite Zoé a été bien courageuse et je peux la féliciter d’avoir 2 merveilleux parents!
    Gros bisous et encore toutes mes félicitations!
    P.S.: j’ai gagné quoi? lol J’étais à 50g au nombre près!
    Gros bisous

  3. Mon amour,

    Je viens de relire le récit des évènements que l’on a vécu ensemble ! Je suis encore tout ému de relire tout ca, car c’est vrai que nous avons vraiment eu des moments intenses.
    Je pense que cette journée restera à jamais le plus beau jour de ma vie et qu’elle sera à jamais gravée dans ma mémoire.

    Aujourd’hui nous avons notre petite Zoé d’amour avec nous, et même si elle nous a fait des frayeurs au début de sa petite vie, maintenant elle nous comble de bonheur.

    Je te remercie du fond de mon coeur de m’avoir donné une si belle poupette, je suis si fier de toi, et j’en suis sur que nous ferons de très bons parents.

    Je t’aime

    Vincent

  4. C’est incroyable ! Comment se fait il que cette petite devait être transféré dans un hôpital alors qu’elle avait tout simplement besoin de sa maman ?!

    C’est toujours trés émouvant un récit d’accouchement…

  5. c’est la premiere fois que je lit un recit sur un accouchement depuis que je suis enceinte et je t’avoue qu’au debut de ton ecrit j’ai eu un noeud a l’estomac et une peur bleu car sur le coup je me suis dit ho non je veut pas quelle sorte de mon ventre ma loulette j’ai peur je vais avoir mal je veut pas accoucher!!!mais aprés avoir lu ton recit en entier j’ai les larmes aux yeux et qu’une hate etre a ma date de terme…Felicitation pour votre courage a tous les trois ces tellement d’emotions…felicitation a toi pour toutes ces paroles magnifiques

  6. olala je n’ai pas su retenir mes larmes, tellement émouvant, tellement…magique oui c’est bien le mot…
    je vous souhaite tout le bonheur du monde!

  7. Que d émotions…Je suis trés emue du récit de ton accouchement mais surtout de ta « rencontre » avec Zoé.Que ca a du etre difficile pour toi….Et dire que la seule chose dont votre fille avait besoin c est d etre tout contre toi pour aller mieux.Je vous souhaite une nouvelle fois tout le bonheur du monde..PS: Je trouve qu elle ressemble bcp a son papa.

  8. J’ai les larmes aux yeux en lisant tes mots!
    J’imagine par quelles émotions tu as du passer…! Finalement c’est de vous 2 que Zoé avait besoin, tout naturellement.
    Ses journée ont l’air bien rythmée, et vous avez l’air heureux, c’est l’essentiel 😉 Quand aux chaussons, ils lui vont à merveille! Elle va avoir une vie très colorée p’tite Zoé!!!

    Je vous fait de gros bisous!

    Céline

  9. Mieux vaut tard que jamais je lis ton récit aujourd’hui et j’avoue être submergé par l’émotion quand je lis ton récit.
    Rien qu’imaginer qu’on aurait pu emmener ta famille seul par le SAMU dans un hôpital parisien !
    Ca me donne encore plus envie d’avoir ce mininous que j’attends depuis si longtemps.
    Zoé a des parents formidables.

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